Exposition | 13 > 29 mars

La Droguerie, 42 rue du port

Accès libre
13h > 19h – Du mardi au samedi
14h > 18h – Le dimanche

Phyllis BALDINO

u_n_d_e_r_w_a_t_e_r
u_n_d_e_r_w_a_t_e_r | 2019 | Phyllis BALDINO (USA)
Installation vidéo/sonore | 3 écrans
Création originale | Présentation en première mondiale VIDEOFORMES 2020

« Voilà longtemps que je songe à réaliser une vidéo sur la montée du niveau de la mer. Cette montée est en cours et ne cesse de s’accentuer. The Water Will Come, l’ouvrage de Jeff Goodell, le dit très clairement. Goodell explique en détail ce qui va vraiment se passer, et les conséquences sur les divers aspects de la vie sur terre. Les conditions d’habitat sont menacées dans certains endroits. La ville de Norfolk, en Virginie, où se trouve notre plus grande base navale militaire, sera sous l’eau d’ici 20 à 50 ans, plus probablement dans 20 ans. Elle connaît déjà des inondations dues aux marées hautes et aux pluies diluviennes. Lagos, ville du Nigéria, se trouve à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. La vieille ville regorge de millions de personnes entassées dans des bidonvilles ou des constructions sommaires en béton. Cette zone est inondée à chaque marée haute, tandis que les riches vivent dans les gratte-ciels du site Eko Atlantic, récemment sorti de terre. Goodell écrit : « Le message d’Eko Atlantic est le suivant : Non, nous ne sommes pas tous dans la même galère. » Tony de Brun, ministre des Affaires Étrangères des Îles Marshall, a participé activement aux négociations de Paris sur le climat, car, comme il l’explique : « Mon pays est en voie de disparition. » À l’opposé, il y a des gens comme Jorge Pérez, célèbre promoteur immobilier. Quand on lui a posé la question de l’aggravation des inondations d’ici 20 ou 30 ans, il a répondu : « Je serai mort, donc qu’est-ce que ça peut faire ? »

De mon côté, j’ai décidé de m’interroger sur le thème de l’eau. L’eau qui déforme, qui bouge, qui est incontrôlable. Et j’y ai ajouté le thème de la puissance de l’inondation. Les pieds sont les premiers touchés par la montée des eaux. J’ai donc filmé mes pieds sous l’eau dans mon studio, en mettant en scène différents scénarios pour chaque prise de vue. Par exemple, mon pied emballé dans du film plastique ; mes pieds marchant sur la pointe dans des chaussettes aux motifs d’écailles de poisson ; mes pieds dans des chaussettes aux nervures de bois sur une souche dorée ; mes pieds en bas résille sur un tapis à poils longs. J’ai également étudié en profondeur les cris des espèces répertoriées comme les plus menacées par l’Union internationale de la conservation de la nature. On les entend en fond sonore durant toute la vidéo. Je n’ai pas voulu ajouter de texte ni de voix off. Je pose souvent mes propres règles dans une création : pour cette vidéo, la règle était de ne pas avoir de paroles. Les mots ne peuvent pas expliquer ce qui nous attend.« 

Phyllis BALDINO

fr_FRFR_FR
en_GBEN fr_FRFR_FR